Aux origines
Qui suis-je ?
Je suis Julia Dussaucy, maman de deux garçons formidables qui m’ont appris davantage sur la transformation que bien des plans stratégiques.
Très tôt, je suis devenue un pilier : garder le cap, protéger les miens, sourire et avancer. J’ai emporté ce réflexe dans le sport de compétition, puis dans mon métier de manager et dirigeante. Pendant près de vingt ans, j’ai conduit des transformations majeures dans de grands groupes et siégé dans plusieurs comités de direction.
J’y ai appris une chose simple : la vie personnelle ne s’arrête jamais à la porte du bureau.
Une maternité marquée par des opérations pour moi et la fragilité immunitaire de mon bébé a rendu mes déplacements et certaines missions impossibles. J’ai quitté mon poste et commencé à réinventer mon quotidien.
Plus tard, pendant une autre grossesse, le deuil, le Covid, l’inquiétude pour mon bébé et un licenciement brutal se sont télescopés. En apparence, je continuais à avancer. En réalité, je perdais peu à peu mes repères.
J’ai découvert ce que vivent tant de femmes engagées : rester solide, absorber la charge mentale et la culpabilité, tout en voyant sa carrière, son corps et son identité changer. Cette période m’a conduite à une reconversion complète.
J’ai alors fait ce qui m’a toujours portée : créer du lien. J’ai réuni des mamans d’exception pour parler franchement — et avec humour — de la vraie vie et de tout ce qui parfois nous déborde.
Un soir, j’ai confié à Claire, l’une de ces mamans, que je ne me reconnaissais plus. Moi qui avais longtemps été cette « business girl » à qui tout semblait réussir, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Claire avait traversé une épreuve proche. Solaire, créative et solide, elle m’a simplement dit : « Moi aussi, je l’ai vécu. J’ai traversé cette tempête, tout a débordé, puis j’ai accepté de chuter pour mieux me relever. »
Avec elle, je n’ai pas eu besoin de tout expliquer pour être comprise.
Cette rencontre m’a révélé qu’on pouvait être très forte et traverser une vraie vulnérabilité. Que l’un n’annulait pas l’autre. Et que ma difficulté n’avait pas besoin d’être « assez grave » pour être légitime.
Claire ne faisait rien à ma place. Elle était quelques pas plus loin sur le chemin : son vécu rendait l’après visible et me permettait de retrouver mon propre point d’appui.
En regardant en arrière, j’ai reconnu un fil rouge : à chaque grand virage de ma vie, j’avais cherché cette « personne miroir », quelqu’un qui comprenne vraiment parce que cette personne est déjà passée par là.
Il y a trois ans, j’ai décidé de rendre cette rencontre possible pour tous. J’ai fondé DEJA-VU, la première ressourcerie française de l’expérience de vie, où ce que l’on a traversé peut devenir un renfort pour quelqu’un d’autre.
On ne rebondit pas à la place de quelqu’un. Mais une personne quelques pas plus loin peut rendre l’après visible et vous permettre de retrouver votre propre point d’appui.